31.05.2008

Galilei Galileo

Mercredi 22 juin 1633, Galilée a revétu la chemise blanche du pénitent.Les cardinaux ont dit:" A genoux!". Galilée s'avance à genoux et prononce les paroles qui lui brûlent la bouche:
"Moi, Galilée, fils de feu Vincenzo Galileo, Florentin, âgé de 70 ans. Attendu que ce Saint-Office m'avait intimé juridiquement l'ordre d'abandonner la fausse opinion selon laquelle le Soleil est au centre du monde et immobile tandis que la Terre n'est pas au centre du monde et immobile, je viens d'un coeur sincère et d'une foi non feinte abjurer, maudire et détester les susdites erreurs et hérésies. Moi, Galilée, j'ai abjuré comme ci-dessus et signé de ma main."
Galilée vient de renier l'oeuvre de sa vie. Il vient de rejeter ce qu'il sait pourtant être la vérité: la Terre tourne autour du Soleil.

29.05.2008

La Vendée,une guerre, un massacre, un génocide

Ni plus royalistes, ni plus catholiques que les autres, ce sont uniquement des gens corvéables à merci qui se sont révoltés. La vie était dure en cette fin de XVIII ième siècle. C'était il y a 214 ans.
La Vendée de l'époque, c'était la Vendée militaire qui comprenait la Vendée actuelle, la partie sud de la Loire-inférieure, ouest du Maine et Loire et nord des deux Sèvres.
Pour comprendre l'histoire de cette guerre, qui a fait près de 450 000 victimes dans l'ouest, il faut revenir aux événements qui déclanchèrent la crise en cette fin du XVIIIième siècle. Les caisses de l'état sont vides, les impôts sont lourds. La royauté qui a longtemps enrichi les riches, et appauvri les pauvres, a trop souvent ignoré, voire méprisé, le monde rural et comme beaucoup de provinces françaises la Vendée est très rurale, elle souffre mais est curieusement attachée aux traditions, à la terre, à la religion, devenus ciments de la vie.
Lorsque la Révolution commence, c'est avec une certaine satisfaction que les vendéens accueillent les premiers changements, tous souhaitent une Monarchie plus démocratique car malgré leur attachement, certains privilèges leur sont insoutenables, humiliants.
Mais les changements annoncés amènent à d'autres inégalités et les bénéficiaires de la République, ce sont les autres.
Alors lorsque, le 12 juillet 1790, l'assemblée vote la constitution civile du clergé, c'est le mécontentement, car le prêtre, loin des prélats souvent trop ambitieux, vit comme ses paroissiens, souvent pauvre et démuni. Cette loi vise à soustraire l'église au pouvoir de Rome en faisant des prêtres des fonctionnaires, élus civilement. Ceux-ci refusent en majorité de prêter serment et la population les soutient massivement. Il y a mécontentement, mais ce n'est pas encore l'embrasement. C'est un autre décret qui sera l'étincelle qui embrasera tout l'ouest.
Depuis avril 1792, l'armée républicaine se bat aux frontières contre la Prusse et l'Autriche; elle est affaiblit, n'arrive plus à trouver de volontaires, et est obligée de recourir à l'enrôlement de force. Par tirage au sort, 300 000 hommes célibataires ou veufs vont être réquisitionnés pour aller défendre la République. Or les fonctionnaires échappent à la réquisition, tout comme la bourgeoisie. Ce sont donc les paysans et artisans qui seront tirés au sort et ceux-ci n'acceptent pas que les principaux bénéficiaires de la république, ne fassent pas parti du "tirement". L'humiliation arrive à son comble. Ce fut l'étincelle qui déclencha l'incendie.
L'insurrection est née. Elle est née de ceux qui n'ont aucun pouvoir mais qui révoltés, constituent une force.
Et voilà que la toute jeune République se sent menacée. Pour contrer cette menace, elle va au nom de la "liberté, égalité, fraternité" engendrer de véritables "bêtes féroces".
Turreau en est une. Fervent révolutionnaire, il est nommé général en chef de l'armée de l'Ouest et décide d'utiliser la méthode radicale d'extermination pour venir à bout des opposants. Il divise l'armée en vingt quatre colonnes chargées de parcourir toute la région et ordonne aux généraux de tuer "les brigands", de tout détruire. Les "bleus" incendient, tuent, et violent impunément.
Extrait de la lettre de Turreau le 24 janvier 1794 ; " … il n'existera plus de Vendée, sous quinze jours, ni maison, ni arme, ni subsistance, ni habitant, que ceux cachés dans le fond des forêts… car citoyens représentants, je dois observer que je désespère de pouvoir incendier les forêts, si vous n’adoptez pas la mesure que je vous propose… il faut que tout ce qui existe de bois, de haute futaie dans le Vendée soit abattu".
Ce n'est pas sans rappeler le massacre de Béziers en juillet 1209 où fut prononcée cette phrase devenue tristement célèbre : "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens", c'était l'abbé de Cîteau. Toute la population catholique et cathare fut massacrée.
Turreau fut arrêté le 29 septembre 1795; jugé, il passe au travers des mailles de la justice … faute de preuve. Il est acquitté le 19 décembre 1795 et finit tranquillement ses jours à Conches dans l'Eure où il avait acquis quelques biens du clergé, dont l’abbaye.
Génocide ou pas, des humains ont payé de leur vie le fait d'être pauvres et méprisés par une classe dirigeante et arrogante, d'autres humains.